L’âge d’or des métropoles : Une mise en perspective historique


Loïc Vadelorge chez Autrement – Popsu

Disons-le tout net, Loic Vadelorge est surement un de nos meilleurs historien·ne·s concernant les problématiques urbaines contemporaines. Dans ce petit opus, plutôt court et dense mais qui se lit quasiment d’une traite (je ne l’ai pas lâché), notre conteur va se pencher avec rigueur et précision sur cette « mise en place » qui a durée presqu’un siècle : où comment nous sommes partis de la « ville région » en passant par « l’agglomération urbaine » et autre « capitale régionale » pour arriver à « la métropole ». Telle des couches archéologiques qui se superposent, voire s’entrecroisent, au fil des pages nous remontant le temps jusqu’à aboutir, à ce qu’il appelle « le moment métropolitain ». Tout le spectre est couvert : champ lexical, travaux de recherche, mobilité, questions juridiques, éléments géographiques, économie, attractivité, etc., etc., et même sa critique (rien ne lui a échappé). L’enjeu n’étant pas simplement de proposer une définition idéale mais de s’approcher au plus près à la compréhension de ce métabolisme urbain.
Mais ce qui fait vraiment la force du livre, C’est que Loïc Vadelorge va nous décortiquer, en parallèle, quels récits vont se mettre en place dans ces différentes unités urbaines. Deux éléments forts vont surgir. Lorsque la période est à l’obligation d’apporter tous les équipements nécessaires à l’accompagnement de la croissance économique, il n’est pas très difficile, de proposer un narratif positiviste sur le bien-fondé de telle ou telle action. Mais devant les enjeux écologiques qui remettent en question par principe, le logiciel des 70 dernières années, les narratifs ont tendance à vouloir être systématiquement en rupture avec le passé sans véritablement apporter des réponses politiques claires. Et comble de l’ironie, et c’est le deuxième point, une grande partie des outils qui pourraient nous aider à prendre plus en compte la question écologique dans la gestion de nos métropoles, existaient déjà dans la ville du XXe siècle et qui furent, malheureusement très peu utilisés.
Alors pour conclure ce petit laïus, rien ne vaut les mots de notre auteur : « On le sait, la métropole du futur est construite à 70% dans les pays occidentaux et on ne peut faire table rase de ce passé. Fonder la planification environnementale des métropoles sur le diagnostic historique de leur territoire urbain devient dans cette perspective une évidence. »