
De Jean-Louis Violeau Chez Parenthèses
Jean-Louis Violeau nous présente sa « leçon » avec (entre autre) comme objectif, qu’il est encore possible de sauver l’architecture. Mais comme le disait le regretter Coluche dans un de ses sketches sur l’égalité entre les hommes en ironisant sur la religion chrétienne : « Tous seront égaux, mais ce ne sera pas facile ! ». Et c’est là toute la force de ce livre, car notre auteur, tout en gardant son regard critique sur la manière de voir, d’enseigner, et de produire de l’architecture, n’a aucune envie de « lâcher l’affaire ». Pas besoin d’être un grand clerc pour comprendre que l’architecture comme un grand nombre de disciplines voire de métiers peut disparaître dans ce grand changement de paradigme, avec toutes ses incertitudes, qui se déroule sous nos yeux. En s’appuyant sur ce sociologue iconoclaste que fut Jean Baudrillard, Jean-Louis Violeau ne pose pas l’architecture comme une fable hollywoodienne où il faudrait « sauver le soldat Ryan », mais comme un désenchantement constructif où la fin d’un cycle peut nous offrir un nouveau champ des possibles si l’on veut s’en donner les moyens. Clôturons cette modeste présentation par une citation (page 96) : « En somme, nous voilà revenus au début de ce texte, lorsqu’il était question d’une architecture parlante à la recherche de la boite noire de l’avion disparu… qui généralement ne livre pas grand chose – et encore, quand on la retrouve. » L’avenir étant toujours plein de surprises, continuons de fouiller, ce livre nous sera d’une grand aide à cette tâche. A lire sans le moindre de doute.
