Giuseppe Pagano


architecte fasciste, antifasciste, martyr

De Riccardo Mariani Chez Conférence

Un énorme merci aux Éditions Conférence d’avoir (enfin !) réédité cet ouvrage majeur de l’histoire de l’architecture. Fruit de l’exposition de la triennale de Milan en 1936, Giuseppe Pagano et Guarnerio Daniel décident de partir en voyage dans toute l’Italie pour y recenser, ce qu’ils qualifient comme constructions « nobles », l’ensemble de l’architecture rurale qu’ils estiment moderne et fonctionnelle. Leur objectif est d’afficher (déjà !) une défiance vis-à vis des modes internationales et de montrer que ces maisons rurales sont des véritables « choses vivantes ». Les photos sont absolument sublimes (nous sommes en 1936) et présentent un éventail très complet de la diversité de ces habitations. A l’heure d’une transition écologique ventant « le ré-emploi », les « matériaux bio-sourcés » et autre « végétalisation », le tout emballé par des procédés technologiques de dernier cri, Giuseppe Pagano nous montre que non seulement les gens savent très bien ce qu’ils veulent pour leur habitat, sont capables de le construire et de s’appuyer sur les ressources de leur territoire. Dernier point, et cela résumé grossièrement, ce livre est l’occasion de découvrir ou re-découvrir la figure de Giuseppe Pagano, architecte qui à ses début a accompagné le régime fasciste pour devenir un des ses plus virulents adversaires. Capturé et torturé en 1944, il mourra en 1945 dans le Camp de concentration de Mauthausen en Autriche. Un livre aussi magnifique qu’indispensable.