1878-1943
histoire de l’ancien quartier rouge

De Martin Huc Chez la Manufacture de livres
Vous cherchiez le roman de l’été ? Basta vous l’avez trouvez ! Mais ce n’est pas un roman ? Effectivement, car c’est mieux que cela ! Laissez-vous porter par ce tourbillon que peut-être la « face cachée » d’une ville, car Martin Huc, en nous racontant les ces soixante-cinq ans de ce quartier marseillais qui va naître « officiellement » en 1878, va nous plonger dans une épopée incroyable mêlant prostitution, musique, opium, gangsters, militaires, artistes, touristes et immigrés. C’est non seulement prodigieux, tant dans la narration que dans la connaissance que l’auteur nous livre, mais c’est aussi la mise en lumière que la richesse et l’identité d’une ville c’est aussi sa face sombre et tout son champ des possibles et que peut-être, vouloir la faire disparaître coûte que coûte, c’est aussi faire disparaître un peu de nos libertés. Pour conclure et désolé de cette facilité, mais cela se lit comme un roman, vous ne le lâcherez pas, je vous le promets ! PS : je ne résiste pas à vous proposer ce petit extrait, un petit rappel aux fossoyeurs de l’histoire qui se reconnaitront (j’espère) : « Mais les Italiens n’ont pas bonne presse, surnommés à Marseille « les babis » (crapauds » en provençal) ou, plus spécifiquement, les « Nabos » pour les Napolitains. On les accuse notamment de faire chuter le niveau des salaires des ouvriers français, et l’on redoute « leur nature féroce et la facilité avec laquelle ils usent du couteau », comme le déplore un magistrat marseillais en 1856. Une affiche électorale de Maximilien Carnaud proclamera même en 1884: « Protestez contre l’envahissement des Italiens, qui ont fait de notre première circonscription un faubourg de Naples ! » Une xénophobie aiguë, dont les « Vêpres marseillaises », en juin 1881, véritable chasse à l’Italien menée dans les rues du centre-ville, seront l’expression la plus brutale. »
