On n’a que du beau ! Le marché, ingrédient d’une société heureuse


Olivier Razemon chez écosociété

Nous n’allons pas tourner autour du pot, ce livre est formidable. Avec finesse et intelligence, Olivier Razemon a réussi le tour de force de nous proposer, à travers une lecture fluide et légère, un tour d’horizon plutôt complet de ce qu’est le marché ouvert ou forain qui fait non seulement la joie mais aussi presque l’unanimité des citadines et des citadins. Il y aurait, évidemment beaucoup de choses à dire sur cet ouvrage, je me permettrais de m’arrêter sur deux points. Tout d’abord notre auteur s’attaque à un « angle mort » des études et analyses urbaines : Le marché. Ce lieu, qui semble pour la très grande majorité des gens, une évidence, est assez peu étudié, tout comme, d’ailleurs, son corollaire plus général, qu’est le commerce, parent pauvre de la recherche urbaine (il y a quand même des travaux d’excellente qualité, le dernier en date : « En finir avec les idées fausses sur le commerce. Comment nous avons marchandisé le monde », de Catherine Sabbah et Pascal Madry, LES ÉDITIONS DE L’ATELIER) . Cette enquête fouillée apporte énormément de connaissance sur ce sujet et j’espère qu’elle donnera envie d’en produire d’autres. Enfin, deuxième et dernier point, un ressenti personnel. Olivier Razemon, à travers le marché, nous propose, en creux, une analyse urbaine avec beaucoup de malice (c’est un compliment). Après la lecture de ce livre, si l’on s’amuse à le mettre en parallèle avec le discours et les propositions de l’ensemble de acteurs (politiques compris) en charge des problématiques de la ville, nous avons le sentiment étrange qu’ils sont en train de ré-inventer le fil à couper le beurre. Après tout, la piétonnisation, les mobilités douces, le circuit court, la mixité urbaine, le lien social, l’espace public (liste non exhaustive), il y a déjà tout cela avec le marché et depuis fort longtemps. Il serait donc peut-être intéressant de continuer de protéger ce qui fait l’essence de ce moment un peu « magique » de nos villes et de moins se laisser séduire par les sirènes de la mode du moment. Vous l’avez compris, un livre indispensable, tout simplement.