
Après le remarquable « La beauté civile : Splendeur et crise de la ville » (Éditions Conférence) Giancarlo Consonni nous revient avec un opus qui lui fait suite, toujours chez le même éditeur : « On ne sauvera pas la terre sans sauver les villes ». Personnellement, et bien qu’accrocheur, je trouve le titre un peu maladroit (c’est la traduction littérale de l’italien) mais disons le tout net, ce texte érudit en forme de manifeste, accessible à toutes et tous, s’installe déjà comme une lecture indispensable pour comprendre voire affronter les enjeux de la ville d’aujourd’hui et de demain.
Il faut dire que Giancarlo Consonni qui a longtemps enseigné au Politecnico de Milan, l’architecture et l’urbanisme à travers ses théories et son histoire, semble légèrement têtu et à tendance à s’accrocher à des idées et à des thématiques plutôt saugrenues. Écoutez plutôt :
Celui-ci pense que l’habitant (selon lui un « tisserand d’urbanité », page 29) doit être au centre de l’organisation urbaine et civile, que l’architecture doit peut-être sortir un peu de « ses gestes » et se concentrer un peu plus au service d’une cohérence sociale et territoriale sans perdre la mémoire, que la rente foncière et immobilière et la soumission qu’elle impose à nos édiles n’est peut-être pas service de la communauté, ou, dernière chose (la liste serait trop longue), l’importance de la question écologique ne devrait pas masquer la question sociale ainsi que les qualité esthétiques de nos villes tels que le travail, le logement, l’urbanité, etc., etc.
Franchement quelle drôle d’idée de mettre tous ces éléments en avant et surtout de penser que seule une réponse politique et culturelle associant tous les habitant.e.s permettra d’aborder et de batailler face aux défis qui nous attendent.
En guise de conclusion, abandonnons cette irone d’une efficacité relative pour vous dire à quel point ce livre est indispensable non seulement par son écriture, sa grande connaissance et son humanisme, mais surtout pour sa volonté forte de (re) mettre les éléments essentiels à nos vies urbaines que l’ont voit s’effriter chaque jour un peu plus. Pardonnez moi d’insister mais une lecture indispensable.
