essais sur la ville, la petite-bourgeoisie intellectuelle et l’effacement des classes populaires

De Jean-Pierre Garnier Chez Agone éditeur
Voilà un livre percutant, énervé mais aussi très argumenté. A travers un recueil de textes, synthèse de quarante années d’observation, d’analyse et de recherche l’auteur nous propose de décortiquer cette violence autour de trois axes : le premier étant selon celui de la dépossession des classes populaires de leur droit à la ville, c’est-à-dire de leur droit de vivre dans la ville-centre. Le deuxième axe va s’intéresser à une violence symbolique, marquée selon l’auteur aux discours pseudo-scientifiques qui a pour effet d’éviter une vraie critique de l’urbanisation capitaliste contemporaine. Enfin le troisième axe est consacré à la violence des jeunes des cités mais aussi aux dispositifs qui ont été mis en place depuis plus de trente ans pour neutraliser cette violence. Vous l’avez compris, nous sommes ici en présence d’un livre très engagé se référant, entre autre, à un Marx « libertaire », à Henri Lefebvre, à Mike Davis et au géographe anglais David Harvey. Jean-Pierre Garnier ne veut pas baisser les bras dans sa lutte contre le capitalisme et s’attaque à une bourgeoisie qui a reprit, sur le front urbain, une nouvelle forme de domination. Il est difficile de résumer sur ce livre « coup de poing » qui de plus n’épargne pas beaucoup de monde dans la recherche urbaine française. Cependant j’engage les lecteurs à regarder avec attention l’article s’intitulant : « la nouvelle beaubourgeoisie » (page 57 à 83) écrit en 1978 et consacré au Centre Georges Pompidou ainsi qu’au quartier qui l’accueille. Je crains que l’histoire lui est légèrement donnée raison.
